Sur les hauteurs entre Tintange et Bodange, Warnach est un hameau à l'habitat un peu dispersé, avec quelques belles fermes carrées ou " en U " de type luxembourgeois du 18e siècle, des bâtisses plus modestes de la même époque et des maisons ouvrières des 19e et 20e siècles. Les restaurations assez nombreuses n'ont pas défiguré l'ensemble du village, qui a préservé son caractère.
Le nom de Warnach avec son suffixe " -acus " serait d'origine celtique. Les formes anciennes sont " Warnay " en 1279, " Warnich " en 1469, " Warny " en 1558, " Warney " et " Warnet " au 18e siècle. Le nom d'origine aurait été Warnacus, Garnacus ou Karnacus (du gaulois " karn " signifiant pierre) traduisible par "lieu pierreux".
La première mention d'une cure à Warnach date de 1279 et en attribue la collation aux abbayes de Saint-Hubert et de Munster (Luxembourg). Une ferme de 1745 abrite la communauté d'animation spirituelle " Les Frênes ". Dans l'ancienne bergerie est aménagée la chapelle, lieu de célébration et de prière de la communauté et de ses hôtes. Par une grande baie vitrée, elle donne sur un jardin de
médiation. Dans l'ancienne cave devenue crypte, deux belles icônes invitent à " contempler l'invisible " ; on admire dans la chapelle deux statues anciennes : une Vierge à l'Enfant campagnarde du 16e siècle et un Christ du 15e. Les Frênes accueillent personnes et groupes, croyants ou non, désirant de se ressourcer, partager la réflexion, ou simplement respirer un moment de paix loin de l'agitation du monde extérieur. La communauté prend une part active dans la vie locale, les fêtes et traditions, comme le grand marché de Noël où l'on vient de loin.
La paroisse est dédiée à Saint-Antoine l'ermite. Autrefois, la fête de saint Antoine, le 17 janvier, rassemblait les pèlerins de toute la région venant invoquer le saint ermite pour la protection de leur bétail, surtout les porcs (un petit cochon est l'emblème de
saint Antoine). Une vente de viande de porc se faisait à l'issue de l'office, au profit de l'église. Aujourd'hui encore, la fête rassemble la population villageoise pour une messe suivie d'un joyeux repas de cochonnailles.